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samedi 9 mai 2015

Les derniers devoirs de l'année !

(planche de la BD L'Etranger, par Jacques Ferrandez)
 


Lundi 11 mai
- Petit rappel : Je vérifie en classe les fiches pour les 17 premiers textes en vue des oraux blancs
- Préparer la LA 18, l'incipit de L'Etranger : travail sur le texte en lecture linaire ou sous forme de commentaire composé. On fera une mise en commun de vos travaux en classe.


Mardi 12 mai 
Travail en classe sur l'absurde, à partir de documents donnés en classe (mais que vous pouvez déjà consulter ici). 
Préparer le cours en répondant aux questions suivantes, en relisant éventuellement les 5 premiers chapitres du roman (jusqu'au meurtre de l'Arabe) et en répondant aux questions suivantes :
- Qu’est-ce qui semble vraiment important pour le personnage, qu’est-ce qui donne un sens à sa vie, quelle est sa raison de vivre, de se lever le matin ? 
- Quel but poursuit-il ou en quoi croit-il ? En l’amour, en l’amitié, en l’argent, au bonheur ?


Lundi 18 mai
Rédiger le commentaire composé de la LA 19 : Le meurtre de l'Arabe (première partie, chapitre 6), de "C'était le même soleil (...) sur la porte du malheur" (fin de la première partie du livre), en répondant d'abord aux questions suivantes en vous appuyant sur des passages précis du texte pour justifier votre avis : 
- Meursault est-il un meurtrier ? 
- Doit-il être condamné à mort ?


Mardi 19 mai
Cours sur Meursault et la question du sens. Préparer le cours en effectuant ce travail : Repérer, dans l’ensemble du roman, des passages qui révèlent que Meursault ne respecte pas la hiérarchie entre les choses ou l’échelle de valeurs qui guide généralement les autres humains, comme si tout se valait pour lui.


Vendredi 22 mai
Relire et préparer en vue de l'explication en classe la LA 20, la confrontation entre Meursault et l'aumônier (2e partie, chapitre 5) : "Alors je ne sais pas pourquoi (...) il a disparu", en répondant de manière argumentée aux questions suivantes : 
-       Pourquoi Meursault se met-il en colère contre l’aumônier ?
-       En quoi les deux personnages ont-ils fait des choix de vie opposés ?
-       En quoi chacun des personnages croit-il ?


Mardi 26 mai
Préparer la dernière LA 21 : la fin du roman, de "Lui parti..." à "avec des cris de haine", en répondant d'abord à la question suivante : comment comprenez-vous cette fin, en particulier la dernière phrase ?
Vous préparerez un plan détaillé pour l'analyse de ce court passage.


Vendredi 29 mai
Révision des oraux en classe : préparer TOUTES les questions sur TOUS les textes vus depuis le début de l'année.


Lundi 1er juin / Mardi 2 juin
Travail sur les textes complémentaires sur la jalousie (disponibles ici). Répondez à la question suivante : Quelle vision de l’amour, et de la jalousie, chacun de ces auteurs propose-t-il ?


Vendredi 5 juin / lundi 8 juin :
- Lire Les Dimanches de Jean Dézert, de Jean de la Ville de Mirmont, disponible en ligne ici (après enregistrement, format epub, c'est gratuit !) ou à la médiathèque de Meudon ou sur amazon ici !
- Et on récupère le retard !! ;-)


Bon travail, c'est presque fini !!


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jeudi 1 janvier 2015

Pour mardi 6 et vendredi 9 janvier




Mardi 6 janvier
Lire le texte complémentaire extrait de la plaidoirie de Maître Sénard, à propos du procès contre Madame Bovary de Flaubert, et répondre en un paragraphe argumenté à la question suivante :
Quelle image de la femme ce texte propose-t-il ?
Vous vous appuierez sur une étude précise du texte, en le citant, pour argumenter votre propos.



Vendredi 9 janvier
Préparer la lecture analytique du texte bac n°9 extrait d'Indiana de George Sand, en répondant aux questions ci-dessous.
Vous trouverez ici un article situant l'oeuvre INDIANA et le passage, assez long, à étudier.

  1. Montrez en quoi ce passage ressemble à une scène de théâtre ; pourquoi ce choix d’écriture de la part de la romancière ?
  2. Comment sont évoqués et illustrées dans ce texte les statuts respectifs du mari et de la femme à l’époque de George Sand ?
  3. Quelles sont les « armes » d’Indiana dans cette scène ?
  4. Qui sort vainqueur de cette scène ? Comment et pourquoi ?

A l’aide des réponses aux questions ci-dessous, composez le plan détaillé d’une lecture analytique de ce texte. Vous organiserez ce plan en fonction de la question suivante: Comment George Sand fait-elle passer à travers le personnage d’Indiana une remise en question du mariage tel qu’il est conçu à son époque ?

lundi 22 décembre 2014

Que faire pendant les vacances ?



Pour ceux qui le souhaitent, et je le conseille vivement à ceux qui ont eu 08 ou moins au premier DST, vous pouvez, pendant les vacances, en plus des révisions pour les oraux, faire un ou plusieurs des exercices suivants, à me rendre à la rentrée (il faut que je puisse les corriger avant le prochain DST du samedi 24 janvier) :

Commentaire : Exercices 1 à 4 p.580/581 de votre manuel
Dissertation : exercices au choix dans les pages 594/595, vous pouvez ne rédigez qu'une des deux parties de la dissertation

Sinon, voici un sujet possible, dont vous trouverez le corrigé sur Internet. Je vous invite, si vous le souhaitez, à y réfléchir et à construire un plan détaillé ainsi qu'une introduction complète rédigée... sans vous aider du corrigé dans un premier temps !

Dans son Essai sur le roman, Georges Duhamel écrit : "Le but suprême du romancier est de nous rendre sensible l'âme humaine, de nous la faire connaître et aimer dans sa grandeur comme dans sa misère, dans ses victoires et dans ses défaites. Admiration et pitié, telle est la devise du roman." 
Vous discuterez ce point de vue en vous inspirant des romans que vous connaissez.

mercredi 17 décembre 2014

ORAUX BLANCS : textes



Je vous redonne les liens vers les 6 textes que vous devez présenter à l'oral vendredi 19, qui sont les mêmes que pour les oraux blancs de janvier.
Vous avez droit en classe vendredi à vos versions surlignées, mais pas en janvier !

Vous trouverez aussi les fiches de séquences, qui récapitulent les connaissances à savoir pour chaque séquence.

 N'oubliez pas de bien relire vos textes complémentaires.
Je vous mets le lien vers les textes de Vauquelin et Baudelaire pour la séquence sur Dom Juan ; la fin de la pièce de Tirso de Molina est dans vos livres.

Pour la séquence 2, celle sur Laclos, les textes de Crébillon et Sade sont en photocopies dans vos cours (je ne les ai pas scannés). Je vous renvoie vers le corrigé proposé dans cet article pour ces 2 textes complémentaires.

Il faudra imprimer tout ça en double exemplaire pour les oraux blancs, et pour le bac bien sûr !
A vendredi, bon courage à tous pour ces derniers jours



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dimanche 14 décembre 2014

corpus libertinage : Crébillon et Sade

 (Fragonard, Jeune fille jouant avec un chien)

Je vous propose la question sur corpus parfaitement rédigée par Claire S. (1e S1) à partir des textes de Crébillon et Sade. Vous remarquerez la grande rigueur méthodologique avec laquelle la réponse est construite ! La longueur de réponse pour une question sur corpus est très bien aussi. 
Que cela vous serve d'exemple pour le DST de janvier !



[intro, qui comment par une accroche] La philosophie matérialiste de Gassindi et la nouvelle remise en question de la religion a donné naissance, au XVIIIe siècle, au libertinage de mœurs. [présentation rapide du corpus] Le corpus soumis à notre étude propose un extrait de Lettres de la Marquise de M*** au Comte de R*** publié en 1739 par Claude Crébillon et un extrait de La Philosophie dans le boudoir écrit par le Marquis de Sade et publié en 1795. [question problématique] Nous pouvons nous demander quelle définition du libertinage ces documents proposent.

[1er argument] Tout d’abord, on retrouve de l’aversion pour la religion. En effet, dans le texte de Sade, la religion est qualifiée deux fois « d’imbécile » et les chrétiens sont mis en opposition avec « l’homme puissant ». en revanche, si les libertins niaient l’existence de Dieu, ils se disaient dirigés par l’instinct. On retrouve en effet l’évocation de la « nature » à quatre reprises dans le texte de Sade et une fois dans le texte de Crébillon, avec, de plus, des expressions comme « vous avez reçu de la nature » et « vous n’étiez pas fait pour ». [bilan de l’argument] Les libertins se posent ainsi en tant que victimes de leur instinct primitif. Ils ne sont donc pas blâmables !

[2e argument] De plus, les libertins se considèrent comme des être supérieurs. Le narrateur de La Philosophie dans le boudoir se désigne ainsi comme « l’homme puissant » et « le plus fort », et dans la lettre, la marquise de M*** se pose elle-même en tant que « victime » et « objet dont vous êtes le maître ». Dans le texte de Crébillon, le libertin semble être hautain envers la femme qu’il a séduite, comme le montre le champ lexical de l’attachement : « empressements », « attentif », qui sont niés, et « indifférence ». [bilan de l’argument] Le libertin est donc supérieur à ses conquêtes.

[3e argument] Enfin, l’aspect le plus marquant du libertinage est la cruauté. On retrouve par exemple, dans le texte de Sade, le verbe « délecter » à plusieurs reprises associé au nom « peine ». on relève aussi les mots « cruelle » et « tourmenter » dans le texte de Crébillon. Faire souffrir les autres semble être jouissif ; c’est ainsi qu’à la souffrance est associé le champ lexical du plaisir : « délecter », « très grand plaisir » chez Sade, « passion », « plaisir » et « jouir » chez Crébillon. [bilan de l’argument] Ainsi, faire souffrir autrui est une jouissance chez le libertin. Sade fait même l’éloge de la cruauté en affirmant qu’elle est naturelle !

[conclusion/bilan très rapide] Ces deux documents montrent donc l’aversion des libertins du XVIIIe siècle pour la religion, l’influence de la nature sur eux, leur orgueil et surtout leur cruauté.

mardi 9 décembre 2014

Devoirs et interro



Pour lundi 8 décembre
 Répondre aux questions suivantes sur la lettre 81 (extrait distribué en classe) des Liaisons dangereuses, dans le cadre de la première séance de la séquence 3 sur la condition des femmes :


  • Que cherche à cacher Mme de M. ? Pourquoi ? Repérez les différentes étapes de sa transformation.
  • En quoi la « science » développée par Mme de M. lui est-elle utile ?
  • Dans quelle mesure l’héroïne fait-elle son propre éloge ? analysez les procédés qui lui servent à affirmer sa puissance.
  •  En quoi la démarche de cette lettre va-t-elle à l’encontre du masque composé par Mme de M. ? Selon vous, pourquoi l’écrit-elle à Valmont ?
  • Qu’apprend-on de la place de la femme au sein des élites sociales au XVIIIe siècle ?


Pour lundi 15 décembre : 
Lire la Princesse de Montpensier (disponible ici), en vue d'une interrogation de lecture (comparative avec le film de Tavernier, qui sera visionné en partie vendredi 12)

Mardi 16 décembre :
Préparer la lecture analytique du texte 7, l'incipit de La Princesse de Montpensier (au dos de l'extrait de la lettre 81 des Liaisons dangereuses) en vue d'une présentation à l'oral en binôme, à la façon d'un cours. Vous pourrez vous demander quels sont les éléments qui se mettent en place dans cet incipit.

Vendredi 19 décembre :
Oraux blancs (1h30) et fin du visionnage de Tavernier



lundi 8 décembre 2014

lundi 17 novembre 2014

Devoirs du 18 au 28 novembre



Lundi 17 novembre
Préparer la lecture analytique de la lettre 4 des Liaisons dangereuses en répondant aux questions suivantes :


  1. A l’aide de quelle métaphore filée Valmont parle-t-il des relations amoureuses ? 
  2. Etudiez l’emploi de l’ironie dans cette lettre (repérez des antiphrases, des paradoxes, des jeux sur les mots).
  3.  Quelle réaction Valmont cherche-t-il à susciter chez sa lectrice ? Justifiez.
  4. Pourquoi peut-on parler d’un renversement des valeurs à propos de ce texte ?


Vendredi 21 novembre (1e S1 et ES1)
Préparer la lecture analytique de la lettre 141, en étudiant plus particulièrement les enjeux cruels et tragiques de cette missive.

Lundi 24 novembre (1eES1)
Interrogation de lecture sur le Tartuffe de Molière.

Mardi 25 novembre (1e S1 et ES1)
Analyse d'image : répondre aux questions suivantes sur Le Verrou de Fragonard (voir image ci-dessus), et préparer une analyse orale d'une dizaine de minutes sur le tableau:
  • A quel genre de scène assiste-t-on ?Justifiez votre réponse en décrivant les personnages et le lieu.
  • Observez le visage et les gestes de la femme. En quoi sont-ils ambigus ?
  •  Commentez la présence de la pomme au premier plan à gauche. Que peut-elle symboliser ?
  • Etudiez et analysez le traitement de la lumière et la disposition des tentures.
  • Dans quelle position le spectateur est-il placé ? Quel effet cela produit-il ?
  • D'après vous, ce tableau fait-il l'éloge ou le blâme du libertinage ? Justifiez votre réponse.
  • Commentez le titre du tableau.

Vendredi  28 novembre (1e S1 et ES1)
Intervention de Jean-Marie Russo, metteur en scène : apprendre vos scènes par coeur



jeudi 6 novembre 2014

Corrigé de la question sur corpus 1eS1





Les trois personnages que sont l'empereur Caligula, dans la pièce de Camus, le roi Béranger Ier, du Roi se meurt d'Eugène Ionesco, et Alexandre le Grand de Macédoine, héros du Tigre bleu de l'Euphrate de Laurent Gaudé, sont confrontés ici à l'imminence de leur mort. Ils ont en commun d'être des hommes de pouvoir face à cet ultime adversaire contre lequel leur pouvoir est impuissant : la mort. Ils le sont toutefois de manière différente : Caligula sait qu'il va être assassiné par les patriciens qu'il a poussés à bout par son règne fou et sanguinaire, le roi Béranger et Alexandre sont vieux et malades et donc condamnés à disparaître.

[1. La peur] Face à cette échéance, ils traduisent leur désespoir en exprimant leurs émotions : la peur pour Caligula et le roi : « j'ai peur », confesse le premier devant le miroir qui permet cette introspection, « au secours » s'écrie le second à la fenêtre en appelant son peuple à l'aide, puis « j'ai peur ». Mais tandis que Caligula ressent aussitôt du « dégoût » devant cette « lâcheté » et se ressaisit en défiant les patriciens qui arrivent de tous côtés pour le tuer, « leur fait face avec un rire fou », en déclarant sous leurs coups : « Je suis encore vivant ! » Béranger se montre incapable de se débarrasser de cette peur, « il crie » et se borne à répéter jusqu'au bout : « Ce n'est pas possible. J'ai peur », ce qui lui vaut le mépris de son entourage qui parle de « scandale », de « porc qu'on égorge » et qui le supplie de « mourir dignement » en lui donnant comme modèles les morts exemplaires de Louis XIV, Philippe II et Charles Quint. Alexandre, lui, n'a pas peur de mourir et s'adresse d'ailleurs directement à la mort dans son long monologue. Il se montre résigné et prêt à mourir : « Il est temps […] Je ne reculerai pas », mais il éprouve pourtant une profonde tristesse de devoir renoncer à sa soif de vivre, de découvrir, de conquérir : « Je pleure sur toutes ces terres que je n'ai pas eu le temps de voir […] Je ne vais plus courir,/ Je ne vais plus combattre […]/ Je suis l'homme qui meurt/ Et disparaît avec sa soif. »

[2. Le bilan] Face à la mort, ils éprouvent aussi le besoin de faire le bilan de leur existence avec un résultat mitigé. C'est ce que fait longuement Caligula dans son face-à-face solitaire avec son miroir qui permet ce retour sur soi : il admet qu'il a échoué dans sa quête de l'impossible, symbolisée par la lune qu'il a chargé Hélicon, son confident, de lui rapporter : « L'impossible ! Je l'ai cherché aux limites du monde, aux confins de moi-même […] et c'est toi que je rencontre […] et je suis pour toi plein de haine. Je n'ai pas pris la voie qu'il fallait. Je n'aboutis à rien. Ma liberté n'est pas la bonne. » Ces trois phrases négatives montrent qu'il reconnaît avec amertume l'échec de son règne de tyran fou. C'est ce que fait aussi Alexandre quand il évoque « le tigre bleu de L'Euphrate » qui symbolise également un rêve inassouvi mais qu'il « n'a pas osé suivre jusqu'au bout ». Il reconnaît, comme Caligula, son échec : « J'ai failli. Je l'ai laissé disparaître au loin. » Mais Béranger, paralysé par la peur, est incapable de réflexion, d'introspection !

[3. La dignité d’un homme] Face à la mort, les trois hommes perdent, d'une certaine façon, ce qui symbolisait leur pouvoir, leur grandeur. Mais là encore de manière différente : Béranger ne peut « mourir dignement » comme on l'y invite, il perd ainsi, malgré lui, tout ce qui faisait sa dignité, sa superbe royale, il n'est plus qu'un homme comme les autres, qui a peur devant la mort. En revanche, si Caligula pleure et s'agenouille devant son miroir, ce n'est pas par faiblesse, par peur de la mort, c'est parce qu'il a échoué dans sa quête et son geste final de souffler pour brouiller son reflet, puis de briser finalement ce miroir qui la lui renvoie, exprime son désir d'effacer l'image du tyran fou qui ne lui inspire désormais que de « la haine ». Et s'il crie en mourant « Je suis encore vivant », ce n'est pas par refus de la mort, mais parce qu'il veut incarner, pour la postérité, la révolte de l'homme contre l'absurde, cette potentialité que tout homme porte en soi. C'est un cri en forme de défi : la survie qu'il prédit est aussi celle de la soif d'absolu qui le poussait et que tout homme peut retrouver en soi. Alexandre, quant à lui, choisit de se dépouiller de ses emblèmes royaux, pour se présenter « nu » devant la mort : « Je veux être nu,/ Sans tunique, ni diadème,/ Avec juste entre mes dents de mort, la pièce rouillée qui suffit à payer mon passage. » Il n'est plus que « l'homme qui meurt », un homme comme un autre…

Au-delà de leurs différences, ces trois extraits mettent en scène des hommes de pouvoir confrontés à la mort qui les ramène à la précarité de leur condition d'humain et leur fait retrouver leur humanité, avec ses faiblesses. Cela leur permet aussi d'aller à l'essentiel de ce qu'a été leur vie : l'absence de sens pour Béranger et qui le laisse démuni ou au contraire le sens que les deux autres ont voulu lui donner et qu'ils affirment avec leur dernière force.

La copie de Farah (1eS1)





La copie de Farah, à peine corrigée.
Cette copie a l'énorme avantage d'être bien construite et bien rédigée, et surtout, Farah a vraiment essayé d'interpréter le texte, et c'est tout à son honneur!

Vous trouverez ici un corrigé plus complet, mais aussi plus difficile à reproduire ;-)



[accroche] Le XXe siècle est un siècle traversé par les guerres. En effet, il est rythmé par les deux guerres mondiales et les totalitarismes. La littérature française est très marquée par ces traumatismes, et va s’en inspirer. Le mouvement de l’absurde apparaît dans la continuité du Nouveau Roman, où les personnages perdaient leur identité. A l’inverse, l’absurde restaure les caractères identitaires, psychologiques et mentaux de ses personnages. Ce mouvement connaît deux périodes : tout d’abord, le théâtre de l’absurde, avec Ionesco, Beckett et Adamov en chefs de file. [présentation de l’auteur] Ensuite, la philosophie de l’absurde, conduite par Camus, fit son apparition. La philosophie de l’absurde consiste à s’éveiller et à prendre conscience que l’on va mourir. L’Homme qui s’éveille possède alors trois choix : soit il se « rendort » (il ne pense plus à la mort et mène sa vie pareillement), soit il se suicide, ou bien il décide de donner un sens à sa vie. L’Etranger de Camus raconte la vie d’un personnage, Meursault, qui s’éveille et donne un sens à sa vie. [présentation de l’extrait] L’extrait soumis à notre étude est un extrait de Caligula de Camus, pièce issue de son premier cycle d’œuvres, le « cycle de l’absurde ». Il constitue l’acte IV scène 14, c’est-à-dire le dénouement de la pièce. [problématique + plan] Ainsi, nous pouvons nous demander quels sont les enjeux de ce passage, aussi bien au niveau de l’action que de la symbolique du personnage éponyme. Nous verrons tout d’abord que Caligula dresse dans sa tirade le bilan de son action, puis que le dénouement est tragique, spectaculaire et riche de sens.



                  [rappel de l’axe et des sous-parties] Dans cette première partie consacrée au bilan de l’action de Caligula, nous analyserons d’abord que le regret gagne le personnage de l’empereur, puis qu’il décide de changer de conduite avant la mort. Enfin, nous nous focaliserons sur la théâtralité du personnage, entre arrogance et peur.
                  [1e sous-partie] En premier lieu, on relève que Caligula éprouve des remords suite à sa conduite lors de son règne. En effet, Caligula s’exprime au conditionnel, comme le montrent les verbes « serait » (l.10), « aurait » (l.10) et « suffirait » (l.13) : cet emploi exprime la condition et l’hypothèse, ce qui souligne les regrets éprouvés par Caligula. De plus, l’emploi de ce mode est renforcé par le rythme binaire auquel il est associé : « Si j’avais eu la lune, si l’amour suffisait… » (l.9/10), « Quel cœur, quel dieu aurait pour moi… » (l.10/11), « Je sais pourtant et tu le sais aussi » (l.12). Ici, le rythme binaire retentit comme un coup que Caligula aurait pu éviter s’il avait été un meilleur empereur.
[2e sous-partie] En deuxième lieu, Caligula décide de changer avant sa mort, suite aux remords qu’il éprouve. On relève un euphémisme, « le grand vide où le cœur s’apaise » (l.5/6), qui traduit la peur du personnage, incapable de prononcer le mot « mort ». Ce procédé est renforcé par la répétition du terme « peur » (l.3 et 5) : le personnage met en valeur sa peur, et donc ses sentiments, ce qui constitue un changement dans son comportement, lui qui fut dément et sans pitié tout au long de la pièce. De plus, on relève une ponctuation forte, avec la présence d’interjections telles que « Oh ! » (l.17) et de points d’exclamation aux lignes 13, 17 et 18, qui traduisent l’expression des émotions et donc soulignent d’autant plus le changement de Caligula, amenant la théâtralité du personnage.
[3e sous-partie] Enfin, on constate en effet que Caligula théâtralise la scène. Dans cette tirade, on remarque que les didascalies sont très présentes ; on relève par exemple « s’agenouillant et pleurant » (l.11), « il tend les mains vers le miroir en pleurant » (l.12/13), et « criant » (l.15), didascalies qui rendent la scène pathétique, voire tragique. De plus, les répétitions de la ligne 17 « Hélicon ! Hélicon ! Rien ! Rien encore ! » soulignent cet aspect théâtral.
[bilan-transition] Caligula est un personnage qui dresse le bilan de sa vie, mais tente de changer certains aspects de son caractère. Son attitude face au miroir donne à ce dénouement un aspect tragique, spectaculaire et riche de sens.



[rappel de l’axe et des sous-parties] Nous allons voir à présent, dans la partie consacrée aux enjeux du dénouement, que cette fin fait écho à la tragédie grecque, qu’elle est particulièrement spectaculaire et qu’elle s’inscrit dans la philosophie de l’absurde.
                  [1e sous-partie] Tout d’abord, on relève que cette fin est tragique car Caligula meurt à la fin. Cependant, dès le début de la scène, un engrenage tragique se met en place grâce aux remords qu’éprouve le personnage, mais également grâce à la didascalie « hagard » (l.1), qui installe immédiatement une tension dramatique. Ainsi, la ponctuation et les didascalies qui révèlent la théâtralité du personnage amènent également une dramatisation de la scène.
[2e sous-partie] Ensuite, le dénouement est spectaculaire par le fait qu’un registre épique s’installe à travers les didascalies : « Des bruits d’armes et de chuchotements » (l.21), « entrent les conjurés en arme » (l.31/32), « le vieux patricien le frappe […] Chéréa en pleine figure » (l.32/33) sont autant d’expressions qui accentuent la violence de cet homicide. Le dénouement est spectaculaire car la bataille a lieu sur scène et la violence est explicite. De plus, on relève un événement fantastique exposé par la didascalie ligne 25, « Une main invisible poignarde Hélicon », qui traduit mieux encore l’aspect singulier de ce dénouement.
[3e sous-partie] Enfin, ce dénouement s’inscrit dans la lignée de la philosophie de l’absurde. En effet, Caligula s’éveille dans cette scène et cherche à corriger ses erreurs, mais en vain. Il a tenté de trouver « l’impossible », c’est-à-dire l’immortalité, en incarnant lui-même le destin de son peuple. Mais il n’échappe pas à la mort, et cette prise de conscience l’amène à revoir tout le sens qu’il a donné à sa vie, et qu’il regrette à présent. Ainsi, Camus essaye d’instruire le lecteur ou le spectateur en lui faisant prendre conscience que l’éveil doit se faire le plus tôt possible.



[conclusion] Caligula est un personnage qui dresse le bilan des actions qu’il a effectuées tout au long de la pièce. Il tente de changer pour corriger son attitude, mais en vain. Ce dénouement est tragique en raison de la mort de l’empereur et de celle de son compagnon Hélicon, mais il est surtout spectaculaire et riche de sens, c’est-à-dire que Camus essaye, par le biais de son théâtre, d’instruire le spectateur et de lui faire comprendre le principe de la prise de conscience de l’absurde. Cette œuvre n’est pas sans évoquer le roman appartenant au même cycle, L’Etranger, car on pourrait rapprocher les deux éveils, au seuil de leur mort, de Meursault et de Caligula.