mardi 10 mars 2015

PEREC (13) : plans d'analyse




Voici des propositions de plan d'analyse pour texte de Perec (texte bac 13), qui répondraient à des problématiques portant sur la conception du bonheur proposée par ce texte caractéristique du Nouveau Roman.

Plan en 2 parties :

I. Un extrait ayant les caractéristiques du Nouveau Roman :
a) Un style blanc
b) L'anonymat, la déshumanisation des personnages
c) au profit des objets (personnifiés)

II. Le bonheur illusoire du couple (la critique)
a) Un rêve illusoire (conditionnel / sarcasmes sur le bonheur)
b) Une illusion de confort (journée type / Rapport à la culture)
c) Une vision idyllique du couple (ils / leur)


Plan en 3 parties :

I. Une vision idyllique du couple parfait
a) L'union parfaite
b) Le rapport à la culture
c) Une journée type

II. Un quotidien confortable et "matériel"
a) La personnification des objets
b) Les verbes de description
c) Les verbes de perception

III. Le Nouveau Roman, un genre qui permet la critique
a) Le style blanc et la déshumanisation des personnages
b) Le conditionnel
c) Ironie et sarcasme de l'auteur

Conclusion : ouvertures possibles
1) sur le bonheur idéalisé et la déshumanisation des personnages dans Le Meilleur des mondes
2) Flaubert, Bouvard et Pécuchet, l'accumulation d'objets et la description critique
3) Une autre conception du bonheur : la vieille robe de chambre de Diderot


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Corrigé corpus



Voici la question sur corpus de Quentin B. (1e S1), notée 4/4. 
Encore une fois, tout n'est pas dit des textes, mais la réponse est bien synthétique, bien rédigée, et surtout, SURTOUT, tous les documents sont confrontés, et pas étudiés les uns à la suite des autres.




Au XVIIIe siècle, la question de la place des femmes dans la société est remise en cause. Dès le milieu du XVIIe siècle, et jusqu’à nos jours, des mouvements féministes s’organisent pour défendre les droits de la femme. Le corpus soumis à notre étude se constitue d’un extrait de Qu’est-ce que les Lumières, d’Emmanuel Kant, et de « Femmes, soyez soumises à vos maris » de Voltaire. On retrouve également un extrait de « La Genèse » de La Bible ainsi qu’une publicité de la marque DARTY de 2012. Nous nous pencherons sur l’image de la femme que ces textes proposent.

Premièrement, la Bible et Kant proposent une image de la femme soumise ; dans la Bible, la femme est créée « de la côte qu’il [Dieu] avait prise à l’homme » (l.3/4) ; il en est décidé ainsi depuis la création de la Terre par Dieu ; ce propos est repris par Kant, qui évoque, ligne 14, « le sexe faible », désignant la femme comme naturellement inférieure à l’homme. A l’inverse, la publicité DARTY renverse le stéréotype, en montrant la femme comme dominatrice face à l’homme qui répond à ses désirs.
Voltaire évoque également l’image de la femme née soumise par le titre du pamphlet, « Femmes, soyez soumises à vos maris », mais présente la femme comme désirant s’instruire pour devenir l’égal de l’homme, comme on le relève à la ligne 2 : « elle voulut lire ». Même si on perçoit son infériorité, aux lignes 4 et 5, « on lui fit lire » et « on lui donna », le pronom « on » désignant ses tuteurs, la femme est désireuse d’apprendre et de s’affirmer dans la société. Ce propos est repris dans la Bible, où la femme croque le fruit du savoir, mais également chez Kant, qui exprime la volonté de savoir des Lumières sans distinction entre hommes et femmes, par l’emploi des mots « Hommes » lignes 7 et 14, « humanité » ligne 16 et « individu » ligne 23. Il les met ainsi sur le même plan. Là encore, la marque DARTY contredit cette image, puisqu’elle montre une femme affranchie et intelligente, prônant la modernité et la situation actuelle des femmes, et l’aboutissement du combat féminin.

Ainsi, Kant, Voltaire et la Bible évoque l’image de la femme née dans la soumission face à l’homme, mais désireuse d’apprendre et d’évoluer. La publicité DARTY quant à elle montre une image moderne de la femme, et inverse le stéréotype, montrant une femme tentatrice et dominatrice. Il montre ainsi un certain aboutissement du combat féministe.


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lundi 9 mars 2015

Corrigé du DST




Voici la copie de Thomas LCT (1e ES1), notée 16/20. 
Tout n'est pas parfait, et le texte était si riche qu'il n'était pas possible de tout dire ! Cependant, la copie de Thomas fait preuve d'une excellente méthode, qui rend la lecture du commentaire très claire et très fluide, et d'un style approprié à un devoir de bac. Les citations en particulier sont bien intégrées dans le corps du développement.

Pour ceux que ça amuseraient, voici un lien vers le texte original de Saint Paul (il faut aller jusqu'au verset 22 !).



[1. accroche sur le thème] Le combat féministe a été le sujet central de nombreux écrivains au fil des années. Des femmes engagées comme George Sand ou Simone de Beauvoir ont lutté une grande partie de leur vie contre l’assujettissement des femmes et la domination masculine. Ce combat existe depuis des années, et déjà les philosophes des Lumières remettent en question l’exercice d’une direction menée par une majorité sur une minorité. Les différentes mesures liées au droit de divorce ou au droit de vote ont permis une émancipation progressive de la femme dans la société et dans le rapport aux hommes. Dieu a dit : « Tes désirs te porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi. » c’est aujourd’hui un combat quotidien de contredire ces paroles pour s’attacher à celles de Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient. » [2. présentation de l’auteur] Voltaire fut l’un des premiers à rejeter le pouvoir de l’homme sur la femme, dès le XVIIIe siècle, avec son texte « Femmes, soyez soumises à vos maris », daté de 1768. [3. présentation du texte] Dans l’extrait choisi, une femme, la maréchale de Grancey, se révolte contre l’autorité masculine. [4. Problématique et plan] Quels sont les aspects de la révolte de cette femme ? Nous étudierons dans un premier temps le portrait de cette femme révoltée, avant de nous intéresser à son désir de changer les mentalités.


[I. Annonce de l’axe principal et des 2 sous-parties] Ce texte dresse dans un premier temps le portrait d’une femme cultivée (1) qui est prête à se révolter (2).
[1e argument] Tout d’abord, nous voyons que cette femme cherche à se cultiver. Dès la ligne 2, l’expression « elle voulut lire » nous indique sa volonté d’avoir accès au savoir. Cette idée est renforcée dans la suite du texte avec la présence de grands auteurs : « Racine, (l.2, « Montaigne » (l.4), « Plutarque » (l.5). De plus, on voit que cette femme prend plaisir à se cultiver, comme le met en lumière le terme « plaisir » à la ligne 3. Nous le voyons aussi avec les verbes de sensations associés à la lecture : « sentir » (l.3) et « éprouvée » (l.3). La ligne 30 offre également un bon exemple de l’érudition de cette femme : « Je me souviens bien que Molière a dit… » : la maréchale connaît donc de grands auteurs et se souvient même de leurs paroles. Sa culture est aussi mise en évidence par le fait qu’elle sait manier les formes argumentatives pour convaincre son auditoire. Elle utilise des questions rhétoriques, comme aux lignes 20, 23 ou encore 33. (citer). De plus, elle utilise des arguments d’autorité, comme la référence à Molière ligne 30 qui marque une étape de son raisonnement, ou encore l’exemple d’une « princesse allemande » ligne 38. Ainsi, toute l’érudition de la maréchale réside dans son envie de compléter le savoir qu’elle possède déjà et dans son argumentation précise.
[2e argument] Mais cette femme apparaît également comme révoltée. La révolte débute à la ligne 7, avec l’expression « toute rouge de colère », qui met en lumière l’énervement de la maréchale face à la situation. Nous comprenons les raisons de son emportement à la ligne 10, grâce à un rapport de cause-conséquence : en effet, après avoir été amenée à feuilleter un ouvrage qui lui a déplu, la conséquence est immédiate. Cela se traduit par la cause : « j’y ai vu ces paroles », et par la conséquence : « j’ai jeté le livre ». Cependant, la maréchale va tout de même mettre des mots sur ce qu’elle ressent, avec des termes très forts. Premièrement, elle va s’en prendre à l’homme qui a écrit ces paroles qui la révoltent ; elle utilise l’expression au superlatif « très impoli » (l.13), renforcée par un autre superlatif : « très difficile à vivre » (l.14). Par ces expressions, la maréchale porte un jugement péjoratif sur cet homme, et elle le dénigre même à la ligne 14, en utilisant le pronom possessif : « votre Saint-Paul ». Cela traduit un certain manque de respect de la part de la maréchale, qui se dédouane totalement de l’argument d’autorité incarné par Saint-Paul. Par ailleurs, ce manque de respect est renforcé à la fin du texte, où elle insulte clairement les cibles qu’elle a choisies, avec le terme « imbéciles » (l.41). Cette insulte contre les institutions religieuses est accentuée par le chiasme : « qui nous apprennent ce qu’il faut ignorer, et qui nous laisse ignorer ce qu’il faut apprendre » (l.41/42).
[bilan I / transition II] Voltaire nous présente donc dans ce texte une femme pleine de connaissances, qui est amenée à se révolter contre des paroles qui la saisissent. Néanmoins, sa révolte n’est pas vaine, elle utilise sa colère pour transmettre un message lié à la nécessité des changements.


[II. Annonce de l’axe principal et des 2 sous-parties] Le changement que souhaite opérer cette femme mise en vie par Voltaire, se traduit par une volonté de changer les mentalités sur la condition des femmes dans la société en rejetant l’autorité masculine (1) pour mettre l’homme et la femme sur le même pied d’égalité (2).
[1e argument] Dans un premier temps, Voltaire incorpore à son texte des éléments montrant la supériorité supposée des hommes. La femme qu’il nous présente est d’abord sous influence, avant qu’elle ne se révolte. Son envie de connaissances semble lui être dictée, comme le montrent les deux phrases « On lui fit lire » (l.4) « on lui donna ensuite » (l.5). Ici, la femme est complément d’objet indirect. Le pronom personnel indéfini « on » qui traite d’une supériorité abstraite est sujet des phrases tandis que « lui » insiste sur le fait que la maréchale subit l’action. Malgré son envie de révolte, elle subit donc tout de même l’influence autoritaire sans doute instiguée par des hommes. Mais encore, les petits sous-entendus de soumission imposés par Voltaire sont mis en lumière à la ligne 5 avec le verbe conjugué « doutait ». Ici, l’homme qui converse avec la femme doute du bien fondé de son savoir. Voltaire a voulu montrer que la révolte de cette femme n’est pas sans cause, car le sexisme est apparent dans les relations entre les êtres. Pour finir sur ce point, la phrase à valeur injonctive de la ligne 12 : « comment, madame ! », prouve que l’abbé ne comprend pas la réaction de la maréchale, et donc qu’il accepte les propos tenus par Saint Paul. Cet homme va d’ailleurs utiliser saint Paul en argument d’autorité dans la suite du texte : « Savez-vous bien que ce sont les épîtres de Saint Paul ? ». Ces paroles prouvent que non seulement il accepte, mais qu’il approuve ces idées au nom de l’autorité du saint.
[2e argument] Dans un second temps, cette femme rejette l’autorité masculine pour mettre les deux sexes au même niveau. La révolte se met en marche lorsque notre maréchale, aux lignes 18 et 19, établit un modèle selon lequel les hommes respecteraient les femmes : « Soyez douces, complaisantes, attentives, économes. » Elle souhaite alors que les femmes soient décrites dans de jolis termes. C’est alors que la maréchale va utiliser toute sa force rhétorique, ce qui prouve son énervement sur la question (citer). Elle se donne ensuite en exemple à la ligne 21 : « ni lui ni moi ne promîmes d’obéir. » Par cette phrase, elle souhaite diffuser le modèle que son mari et elle renvoient. Le parallélisme entre les pronoms « lui » et « moi » les met sur le même pied d’égalité. Elle va ensuite rejeter les principes soi-disant féminins ; elle évoque en effet d’abord la maternité, puis les incommodités féminines, en des termes très crus. Nous pouvons relever le champ lexical de la douleur et de la mort : « malade » (l.23), « mortelle » (l.23), « douleurs » (l.24), « incommodités » (l.25), « désagréables » (l.25) ou encore « maladie » (l.26) et « mort » (l.27). De plus, elle rejette l’autorité masculine en faisant appel à l’argument de la nature : « la nature (…) n’a pas prétendu que l’union formât un esclavage » (l.29/30). Elle parle ici d’esclavage, ce qui rend les propos très forts. Par la suite, son énervement refait surface avec le retour de la question rhétorique ligne 33 : « il faudrait que je lui obéisse très humblement ? ». Cette interrogation est la preuve d’un rejet de la puissance masculine, qu’elle va associer à une puissance physique dans la suite du texte. Enfin, son argument prend fin aux lignes 36-37, où le verbe « prétendent », qui se rapporte aux hommes, montre que leur ego dresse une image personnelle éloignée de la réalité. A la ligne 30, l’expression « je leur montrerai des reines qui valent bien des rois » achève sa réflexion en prouvant que la femme est l’égale de l’homme.
[bilan de la partie] Cette femme souhaite donc faire avancer les mentalités, en éliminant l’idée de la supériorité masculine et en démontant les stéréotypes qui sont associés aux principes féminins.


[conclusion : réponse à la problématique] Ainsi, dans ce texte de 1768, Voltaire présente une femme révoltée face à la supériorité supposée des hommes. Dès cette époque, le besoin de changer les mentalités est le combat essentiel que défend cette femme, véritable porte-parole de Voltaire. [ouverture] Cependant, la question de la condition des femmes est un sujet ancestral que la Bible décrit déjà, dès la « Genèse », affirmant : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul, je lui ferai une aide semblable à lui ». Néanmoins, à la fin du passage, Dieu indique à la femme qu’elle sera soumise à son mari.


Il était possible d’ouvrir sur le combat d’Annie Leclerc qui, dans Hommes et Femmes, aborde elle aussi la question des principes dits « féminins », tels que l’accouchement, mais pour dire au contraire qu’il faut les valoriser, à l’inverse de ce que fait la maréchale.

Les textes pour les oraux blancs





Voici les textes bac pour les oraux blancs du vendredi 13.
(Vous pouvez travailler les textes complémentaires de la séquence 3 à partir de vos cours ; je ne vous interrogerai pas sur les textes complémentaires de la séquence 4, que nous n'aurons pas eu le temps de travailler.)
Attention, Google Drive a fait "sauter" les numéros de ligne dans certains documents, je vous laisse les remettre !

Séquence 3 sur les femmes :
7. Princesse de Montpensier
8. Les Liaisons dangereuses
 9. Indiana
10.La Femme gelée


Séquence 4 sur la consommation
11. Regrets sur ma vieille robe de chambre
12. Bouvard et Pécuchet
13. Perec : le texte est en polycopié !


vendredi 13 février 2015

Les devoirs de mars



Lundi 02 mars
Préparer la lecture analytique du texte 12 (Flaubert, extrait de Bouvard et Pécuchet) à la manière d'un commentaire écrit (introduction rédigée, plan détaillé selon la méthode du commentaire, conclusion rédigée) avec votre propre problématique, en vue d'une présentation à l'oral.

Vendredi 06 mars :
Les groupes concernés préparent l'analyse des images de Duane Hanson et David LaChapelle

Mardi 10 mars :
Répondre aux questions suivantes sur le texte de George Perec (bac n°13) :


  1. Quelles sont vos premières impressions, réactions, émotions, peut-être difficultés ?
  2. Certaines lignes vous parlent-elles plus que d’autres, si oui, lesquelles et pourquoi ?
  3. Une ou plusieurs images vous viennent-elles à l’esprit lorsque vous lisez ce texte, si oui, lesquelles ?
  4. Ce passage vous rappelle-t-il un autre texte ? une autre œuvre d’art (ou fragment d’œuvre d’art ?) : film, photographie, musique, peinture...
  5. Fait-il ressurgir un souvenir personnel ? (si c’est le cas, vous pouvez, mais vous n’êtes pas obligé de le faire, préciser lequel et pourquoi).
  6. Si vous deviez résumer ce texte en un mot, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?

Vendredi 13 mars :
Mettre en fiche les textes 7 à 13 du bac (séquence 3 et 4) et préparer la partie entretien sur des deux séquences.

Lundi 16 mars :
Avoir lu Le Meilleur des Mondes d'Aldous Huxley et venir avec en classe.

mardi 20 janvier 2015

Plan d'étude pour La femme gelée (A. Ernaux)




Voici le détail du plan proposé par Edouard et Martin (1e S1) sur l'étude de l'extrait de La Femme gelée.
La problématique serait la suivante : "En quoi l'évolution de la narratrice au sein de son couple lui permet-elle de porter un regard critique sur la société ?"

I. La femme étudiante
1) Un style simple, familier, qui donne accès aux pensées
2) L'apprentissage culturel
3) L'union et l'égalité au sein du couple

II. La femme mariée (le changement qu'apporte le mariage)
1) Les 3 modèles
2) Le mari (du discours à l'attitude)
3) Le questionnement intérieur

III. L'épouse nourricière
1) Le vocabulaire de la cuisine / nourriture et le rapport au style
2) Le sentiment de la différence, de la solitude et la culpabilité
3) La dissolution finale dans le mariage

Présentation S. de Beauvoir et A. Leclerc






I.                   Simone de Beauvoir (1908/1986)

 Eléments biographiques sur l’auteur

Etudes de lettres et de philosophie (reçue 2e à l’agrégation)
Enseigne quelques années avant d’entamer une carrière littéraire en publiant des romans (Les Mandarins prix Goncourt 1954), des écrits autobiographiques (Mémoires d’une jeune fille rangée 1958), ou des essais philosophiques comme Le 2e sexe, qui suscite plusieurs mois de débat lors de sa parution (en particulier les chapitres « L’initiation sexuelle de la femme » -1973-, « La lesbienne » et « La maternité », dont les quinze premières pages évoquent la dépénalisation de l’avortement -1975-, mais parle aussi du droit à la contraception choisie -1967-).

Rappel des dates :
1967 : (28 décembre) la loi Neuwirth autorise la contraception, mais la publicité en sa faveur reste interdite.
1971 : Manifeste des 343 signé par 343 femmes déclarant avoir avorté.
1975 : la loi Veil dépénalise l'interruption volontaire de grossesse

Dans cet ouvrage, S. de B. analyse l’oppression des femmes par les hommes, à travers les faits historiques et les représentations culturelles de la femme dans les mythes, les œuvres d’art, etc.
Elle démontre que la condition des femmes n’est pas le résultat de réelles données biologiques, qui les rendraient en quelque sorte plus faibles que les hommes, mais d’une construction élaborée par la société masculine à travers l’éducation ou les lois.
Selon elle, la petite fille est conditionnée dès l’enfance à tout attendre de l’homme, à ne s’épanouir que dans la séduction et le domestique, à ne voir d’accomplissement pour elle que dans le mariage et la maternité. C’est ce que S. de Beauvoir explique par l’une des phrases clés de l’œuvre : « On ne naît pas femme : on le devient. »



II.                   Annie Leclerc (1940/2006)

           Eléments biographiques sur l’auteur

Figure complexe du féminisme de la seconde moitié du XXe siècle : professeur de philosophie et écrivain, elle milite très tôt pour la liberté de la femme (signature du manifeste des 343, rédigé par S. de B. en 1971 dans Le Nouvel Observateur).
Elle publie en 1974 Parole de femme, où elle met en valeur l’exaltation du corps féminin, et le plaisir lié par exemple à la maternité ou à l’allaitement ; elle y récuse les valeurs typiquement masculines de force et de courage, qui aliènent, selon elle, toute relation amoureuse.
Ainsi, ce livre prend à contre pied les thèses du féminisme à la Beauvoir, qui considérait la condition féminine comme une sorte de tare dont il fallait se libérer, pour atteindre à la même condition que l’homme.
Annie Leclerc veut au contraire combattre le mépris dans lequel la société tient tout ce qui s’attache au féminin ; elle précise ainsi que la dévalorisation des tâches maternelles ou ménagères n’est en fait qu’un concept purement masculin : « ce n’est pas soigner sa maison, ou prendre soin de ses enfants qui est dégradant, non absolument pas […]Si ce travail était perçu à sa juste valeur, il ne serait plus ce boulet, cette oppressante humiliation de ne pas exister. »
Hommes et Femmes, 10 ans après, reprend cette thématique en insistant sur l’idée que le risque d’un certain féminisme est de renier la féminité elle-même : vouloir l’égalité à tout prix, et briguer le même statut que l’homme, est encore une soumission aux valeurs masculines.